Thierry BERLANDA : L’affaire Creutzwald

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France
Thierry BERLANDA -affaire Creutzwald
Affaire Creutzwald (l')
  • Éditions De Borée le 19 avril 2018
  • Pages : 352
  • ISBN : 9782812923258
  • Prix : 19,90 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Avril 2019, le brigadier Aurélie Deletraz trouve par hasard, dans une sous-pente du commissariat de Saint-Avold, un paquet de pages qui l’intrigue : le récit anonyme d’une enquête hors norme qu’elle avait menée cinq ans plus tôt, et qui avait abouti à un classement sans suite. Troublée, elle persuade Céline Dumouriez, ex-journaliste à l’Express sortant de cure de désintoxication, de reprendre discrètement les recherches sur les disparitions, en juin 2014, de personnes soi-disant évaporées dans une lumière surnaturelle… Ces phénomènes étaient-ils liés à l’assassin!at d’Emmanuel Marchal ? Alice, qui allait se marier avec le jeune homme, était-elle victime d’hallucinations lorsqu’elle prétendait en avoir été témoin ? Pierre Orbain, industriel tyrannique condamné pour le meurtre de Marchal, est-il la seule âme noire de cette histoire, ou bien est-ce quelqu’un d’autre, plus redoutable encore mais dissimulé, qui détient la vérité sur l’affaire Creutzwald ? Céline et Aurélie vont devoir faire taire leurs propres démons pour découvrir les traces de ce fantôme. Et pour l’affronter…

L’AVIS DE CATHIE L.

L’affaire Creutzwald a été publié en 2018 par les éditions De Borée. Le style est un peu ampoulé, surfait, avec des énoncés parfois approximatifs, des phrases déroutantes, à la construction incertaine. Cela dit, Thierry Berlanda possède indéniablement le sens de la formule, comme dans le passage suivant : « Céline ne s’éloignait jamais à plus de deux mètres de son PC, vénérable doyen de la gamme Toshiba. Et les fois où son psychisme fluctuant passait en mode gros remous, elle s’y agrippait comme à sa planche de natation une écolière lâchée dans le grand bain. » (Page 10), ou dans ce passage : « Orbain change en clin d’œil son visage dur en bouille d’ange, mais un ange dont personne ne serait pressé d’entrer dans le paradis. » (Page 99).

Les chapitres, assez longs, sont répartis selon deux axes chronologiques : 2019, l’enquête menée par Céline avec l’aide officieuse du brigadier Deletraz ; 2014 : longs flash-backs relatant les événements survenus à Creutzwald racontés par écrit par une personne inconnue. Le découpage ainsi opéré est suffisamment clair pour permettre au lecteur de ne pas se perdre dans les méandres de l’histoire.

L’intrigue

2019. Céline est contactée pour enquêter sur une affaire classée vieille de cinq ans, intitulée « l’affaire Creutzwald », qui n’a jamais été résolue: des questions essentielles sont restées sans réponse. A elle de reprendre les investigations laissées en suspens. Son seul point de départ est le récit anonyme de l’enquête menée cinq ans plus tôt retrouvé dans les locaux du commissariat.

2014. Sous les yeux d’Alice, Antoine Marchal disparaît instantanément, comme aspiré par une lumière blanche fulgurante. Quelques heures plus tard, il est retrouvé mort sur son lit. Alors ? Alice a-t-elle eu une hallucination ? Ou l’explication est-elle plus complexe ?

Le même jour, un autre incident intriguant se produit: la disparition inexplicable du conducteur d’une ambulance avant, pendant ou après que son véhicule ait versé dans le fossé, nul ne peut le dire. Mais que s’est-il passé quelques années auparavant, en 2005 ? Quel mystérieux secret fait encore trembler certains habitants ?

2019. Céline, désireuse de se racheter et de réintégrer son ancien poste à l’Express, aide le brigadier Aurélie Deletraz à comprendre les événements de 2014. Les deux femmes en arrivent à la conclusion que le tueur responsable des anciens meurtres court toujours. Mais qui ? Et pourquoi ?

En conclusion

L’humour… L’humour permet de faire passer toutes les pilules plus facilement, comme les apartés de Céline soulagent la pression allant toujours crescendo dans ce roman sombre : « Construire une chapelle au milieu de ce barnum, Très Saint Père, je ne sais pas si c’est une bonne idée! Oui, je sais bien qu’il faut que l’Eglise sorte un peu de ses palais, mais là…même en repeignant les poubelles aux couleurs du Vatican, vous ferez plutôt marrer les corbeaux! » (Page 177). J’aime la dérision avec laquelle la jeune femme contemple le champ de ruines qu’est devenue sa vie.

Le + : les dialogues bien menés font réellement progresser l’intrigue, notamment les conversations entre Aurélie et Céline dans la seconde partie du roman.

Une intrigue bien ficelée, alternant rebondissements et fausses pistes, ponctuée d’émotion et d’humour, de tristesse, de rage et de révolte à des moments-clés. Je gage que cette plongée dans l’univers de Thierry Berlanda vous ravira et vous fera frissonner.

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