Sylvain FORGE : Une enquête de Isabelle Mayet – La trace du silure

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France
Sylvain FORGE -enquete de Isabelle Mayet - La trace du silure
La Trace du Silure
  • Éditions Du Toucan le 12 février 2014
  • Editions Livre de Poche le 9 mai 2018
  • Pages : 320
  • ISBN : 9782810005697
  • Prix : 17,90 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Mutée à Nantes pour s’occuper de sa mère, malade d’Alzheimer, la capitaine de police Isabelle Mayet semble avoir fait une croix sur sa carrière. Sa vie sentimentale est un naufrage, son manque d’enfant une déchirure. Mutée à Nantes pour s’occuper de sa mère, malade d’Alzheimer, la capitaine de police Isabelle Mayet semble avoir fait une croix sur sa carrière. Sa vie sentimentale est un naufrage, son manque d’enfant une déchirure.

Le cadavre ensanglanté d’un vieil ermite, trouvé dans un bunker allemand de la seconde guerre mondiale, lui offre un exutoire. Crime ou suicide ? L’affaire est plus complexe qu’il n’y parait. Plus dangereuse aussi. Sur les bords de Loire, de biens horribles choses remontent à la surface. De sinistres souvenirs qui dormaient dans la vase. Isabelle n’est plus la chasseresse. Elle est devenue la proie.

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Sylvain Forge, un auteur à découvrir absolument !

Le 36 quai des orfèvres fait preuve d’une grande agitation. Les policiers doivent quitter ces lieux mythiques pour le quartier des Batignolles. Une légère pointe de nostalgie mais surtout une grande excitation de pouvoir travailler dans des locaux plus fonctionnels. Le Capitaine de police Isabelle Mayet est convoquée par le « taulier » qui lui annonce que ses cartons de déménagement ne rejoindront pas ceux de ses camarades. Elle a obtenu un poste très convoité à la PJ de Nantes.

Isabelle va ainsi pouvoir s’occuper de sa maman souffrant de la maladie d’Alzheimer. Mais sa mutation n’a pas fait que des heureux. Elle a, sans le vouloir, empêché un de ses nouveaux collègues de gravir les échelons. Pas de cadeau pour la « nouvelle ». Pas le temps de s’ennuyer, le corps d’un homme a été retrouvé dans un blockhaus sur une petite île.

La scène de crime est vraiment surprenante et écoeurante. De nombreux bouteilles remplies d’un liquide jaunâtre, un appareil pour mesurer les ondes, des rats… L’homme qui vivait dans ce capharnaüm semblait souffrir d’électro-sensibilité. Pourquoi cet exclu a suscité autant de violence ?

L’enquête va avancer à plusieurs vitesses. Isabelle veut exploiter son expérience mais elle doit se plier aux règles de sa nouvelle équipe. Les moyens ne sont pas les mêmes qu’à Paris, il faut se savoir se débrouiller quand le zodiac des pompiers n’est pas disponible et certains documents ont été archivés à Rennes. A trop vouloir se fier à son instinct, Isabelle risque de se mettre en danger.

Gros coup de coeur pour Sylvain Forge que je découvre grâce à ce roman. Une écriture limpide, très efficace. Pas de « sur-jeu », les personnages sont réalistes. Dès les premiers mots, le lecteur devient l’ombre d’Isabelle et découvre la situation avec ses yeux. L’auteur ancre son histoire dans la réalité. Le déménagement du quai des Orfèvres est vraiment d’actualité. Il nous montre bien que les mutations ne sont pas simples, qu’elles impliquent souvent soutien et jalousies.

La relation entre Isabelle et sa maman dont la mémoire s’effrite est vraiment touchante. La jeune femme veut la soutenir et en même temps elle aspire à vivre sa propre vie. C’est légitime. Ses rapports avec ses collègues sont justes. On a le sentiment de vivre pleinement le récit.

Je ne veux surtout pas en dire trop sur l’intrigue pour vous laisser le plaisir de la découverte. J’ai vraiment aimé les planques et les recherches concernant des « sphères » très dangereuses ». Et même si j’avais vu venir un élément clef du récit, je me suis laissée porter par l’histoire jusqu’au bout. J’espère avoir l’occasion de revenir à la PJ de Nantes car j’ai envie de retrouver cette équipe.

L’auteur connait vraiment son sujet sur le bout des doigts ce qui renforce la qualité du texte. Les archives déportées à Rennes, par exemple, montre la complexité du travail lorsqu’on n’est plus dans la « Capitale ». J’ai aimé le clin d’oeil à la Ferme des Corps, lieu aux Etats-Unis où l’on étudie la décomposition des corps et l’entomologie.

J’ai très envie de lire un nouveau texte dans cette même tonalité et je vous invite vivement à suivre « La trace du silure ».

 

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