Keigo HIGASHINO : La maison ou je suis mort autrefois

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Japon

INFOS ÉDITEUR

La maison ou je suis mort autrefois - Keigo HIGASHINO

Parution aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs en avril 2010

Parution aux éditions Babel Noir en novembre 2011

Traduit par Yutaka MAKINO

Prix Polar international du Festival de Cognac 2010

Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas…

Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner. Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques…

Keigo Higashino compose avec La Maison où je suis mort autrefois un roman étrange et obsédant. D’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort, il explore calmement les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

(Source : Actes Noirs – Pages : 256 – ISBN : 9782742789511 – Prix : 18,30 € – Babel Noir)

L’AVIS DE LEA D.

La maison où je suis mort autrefois campe l’histoire de deux personnes : le protagoniste et une ancienne petite amie, Sayaka Kurahashi. La jeune femme prend l’initiative de contacter son ami. Lors de leur rencontre, elle lui explique ce qui lui pèse sur les épaules. Mariée à un homme d’affaire toujours absent, elle maltraite sa petite fille de trois ans, elle a fait une tentative de suicide… Mais surtout : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans.

Le jour où, après la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une clé et un plan conduisant à une maison dans les montagnes, elle espère qu’aller la visiter comblera ces trous de mémoire. Avec son ami, Sayaka se rend dans les montagnes pour examiner cette bâtisse.

Arrivés à l’habitation, ils vont de surprises en surprises. L’entrée a été condamnée, les horloges sont arrêtées à la même heure, la lecture d’un journal intime… La maison semble avoir abritée des événements tragiques, renforcé par l’atmosphère baignant sur les lieux. Tout parait figé, comme mis en scène, ce qui déroute les protagonistes et les lecteurs (renforcé par la narration à la première personne du singulier), renforçant la sensation d’étouffement par le huis-clos, les deux personnages décidant de passer la nuit dans la maison abandonnée… Peu à peu, Sayaka semble retrouver des images, des sensations, ce qui l’entraîne sans cesse de plus en plus loin au fond d’elle-même.

La maison où je suis mort autrefois progresse peu à peu, en entraînant le lecteur au plus profond des pensées des différents protagonistes, mais aussi dans la quête aux souvenirs, tant égarés que conservés. Keigo Higashino a réussi à parler d’un sujet courant d’une façon tout à fait particulière : il fait évoluer l’intrigue avec précision, à petites touches délicates, en faisant monter peu à peu la tension… Les liens tissés entre les personnages, entre les amis, les ex petits amis, la famille, le passé, l’avenir, sont décrits de façon particulièrement vivace, ce qui m’a donné l’impression de vraiment connaître ces individus !

La maison où je suis mort autrefois est un roman captivant, prenant, je vous le recommande !


L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Voir la vidéo lors du salon du livre de Paris 2012

Ce roman n’aurait pu être être écrit ni par un français, ni un américain. Il y a une atmosphère, les relations entre les hommes et les femmes relèvent de la culture asiatique.

Le narrateur nous raconte que son ancienne petite amie d’université est venue le voir. Il est surpris et peut-être un peu choqué. Maintenant elle est mariée ce sont des choses qui ne se font pas. Ils ont été ensemble mais au début du roman on peut se demander si ils se sont même tenus la main…

La père de la jeune femme est décédé lui laissant une maison qu’elle veut aller voir mais elle ne peut demander à son mari qui est un homme d’affaire très occupé…

Il va céder, ils partent tous les deux pour atteindre une maison loin de tout. Etrange demeure dans laquelle on n’accède pas par la porte mais par une trappe située sous la maison.

Atmosphère étrange comme si le temps s’était arrêté dans ces lieux et Sayaka n’a aucun souvenir d’enfance. Elle tente d’apprivoiser les lieux, de reconstruire sa propre histoire. Est-ce ce vide qui la pousse parfois à frapper sa propre fille ?

« La maison où je suis mort autrefois » est un texte fabuleux, que l’on ne peut oublier même au fil des années. En le lisant, j’ai imaginé une pièce de théâtre : un huis clos captivant. Scène au décor minimaliste, mise en lumière sur un des personnages, on l’attend parler. Fondue au Noir. Lumière sur le second protagoniste. Il y a une très belle écriture mais également de très beaux silences. Comme dans l’art japonais, on ne cherche pas à tout combler. Le vide, le silence prend tout son sens.

Une histoire surprenante, un tableau qui se dessine au fil des pages pour un final stupéfiant. L’émotion est palpable. On ne peut que refermer ce livre que comme un superbe écrin noir qui contient un des bijoux de la littérature policière contemporaine.

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1 COMMENTAIRE

  1. Je me souviens très bien de l’émotion que tu m’avais transmise quand tu m’avais parlé de ce livre Sophie, et qui était tout aussi palpable le jour où tu l’as présenté au SDL de 2012. Un livre qui t’as vraiment marquée et touchée, je ne suis pas étonnée de le voir présenté ici aujourd’hui 🙂

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