Interview de l’auteur Jean CAPDEVIELLE

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Nous avons rencontré Jean Capdevielle à l’occasion de la sortie de son « Le secret du Haut-Béarn » paru en novembre 2017 aux éditions Osolasba

Jean CapdevielleJérôme PEUGNEZ : Bonjour Jean CAPDEVIELLE, pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Jean CAPDEVIELLE : C’est un parcours atypique qui me caractérise, je n’ai pas fais exprès de le suivre pourtant je l’ai vécu. L’histoire commence en ramant et en marchant. Vers dix huit ans, je me découvre des passions pour la montagne et les rivières, et je commence à arpenter la planète : France, puis Espagne, en passant par l’Amérique et l’Afrique. Peu à peu, le monde et ses hommes se dévoilent devant mes yeux. Plus tard, je continue vers la mer, le désert et les volcans et ce sera le grand Nord qui finira d’ouvrir mon regard sur la vie. Tour à tour sportif de haut niveau, kayakiste, guide de rivière, pionnier du raft, aventurier, montagnard, photographe, bâtisseur, ce sont les occasions de la vie que j’ai saisi qui ont fait de moi un écrivain.

JP : Comment vous est venue l’envie d’écrire ? A quelle période ?

JC : Enfant, je me cachais sous les couvertures pour avaler les livres que je trouvais. Adolescent, j’aimais écrire des histoires, c’était des moments de plénitude rare où je trouvais un équilibre, et mon imagination pouvait travailler sans se donner de barrière, ce qui est devenu un luxe. Au cours de mes différents voyages, l’envie de partager mes expériences avec les autres s’est fait sentir et il est devenu tout naturel d’utiliser la photo et les mots pour essayer de faire comprendre les multiples facettes de la vie hors de chez nous.

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

JC : Jack London, Frison-Roche mais aussi Richard Bach, Saint Exupéry, Tabarly, Moitessier et bien d’autres m’ont fait découvrir des mondes d’aventures qui me faisaient rêver. Il y avait également la Bande dessinée, dont Pratt et consœurs qui amenaient la vision d’autres lieux… Comment ne pas citer la Science-fiction et bien sûr les auteurs français avec leurs verbes, tel Giono,… J’étais un aspirateur de livres, une bonne histoire et je disparaissais de la surface du globe pour avaler les phrases d’où qu’elles viennent.

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

JC : Je fonctionne de trois manières différentes :

Pour les livres de photos et d’illustration : J’ai une idée générale et très large de ce que je veux raconter au départ. Je mélange les clichés réalisés pour essayer de leur faire raconter une histoire, c’est souvent eux qui me dirigent puis je complète avec des photos ou des dessins au dernier moment. La dernière phase est bien sûr le texte qui doit venir compléter et enrichir l’image pour rendre l’histoire cohérente.

Pour les récits de voyage : J’écris au fil des jours ou au maximum tous les trois ou quatre étapes pour ne pas oublier de détails. C’est un exercice relativement simple. Le ‘Kayak-Postal’, ‘La Voie de Malte’ et ‘Compostelle, la terre et l’eau’ est une trilogie de récits « où l’on m’accompagne au fil du monde ». Ces grands voyages en kayak de mer m’ont permis de me découvrir moi-même et surtout de travailler sur les synchronicités avec la découverte, la compréhension et l’acceptation des évènements et des rencontres qui se présentaient au fil du temps.

Pour les nouvelles ou les romans : Là c’est le grand jeu, la grande cour de récréation. Je m’inspire souvent de gens existants que je mélange pour créer un personnage, et de faits réels que je transforme tout en leur gardant une part plausible. Le maitre mot est création quand elle veut où elle veut. Parfois c’est tout simple et les phrases s’écrivent d’elles mêmes, parfois c’est la page blanche et ça bloque. De manière générale, le vrai travail se créé par petits bouts avant de jouer du stylo sur le papier, mais ensuite ce peut être comme une déferlante : ça avance et je ne sais jamais où et comment ça se finira. Je lâche prise, ce sont les personnages qui écrivent l’histoire, je me sers de mes mains pour rédiger, c’est un jeu et j’adore ça, pas de règles, pas de limites, pas d’idées préconçues, juste de l’action, de l’humour et de la vie…

Jean CAPDEVIELLE - Le secret du Haut-Bearn
Le secret du Haut-Béarn

JP : Quelle est la genèse de votre roman « Le secret du Haut-Béarn »?

JC : J’avais envie d’écrire une histoire différente de mes derniers récits, quelque chose de plus moderne, sans vraie contrainte, où je me faisais plaisir. Le Haut-Béarn, situé dans les Pyrénées, entre Lourdes et Biarritz, plus précisément entre Bigorre et Pays Basque, est la terre de mon enfance. C’est une terre méconnue, avec une histoire singulière qui vaut la peine d’être découverte. Elle est riche en personnages fabuleux pratiquement oubliés et réservés à certains érudits. J’ai souhaité en faire revivre certains, créer des ponts entre passé et présent, faire découvrir un passé méconnu pour comprendre le présent. L’histoire s’écrivant tous les jours, des événements réels d’aujourd’hui se sont invités. J’avais également envie de personnages déjantés, décalés qui donnent leur fraicheur au livre. Le fil conducteur étant un secret qui traverse les âges, j’ai pu relier tout ce petit monde pour créer une atmosphère, une intrigue qui donnent envie de découvrir le Béarn.

JP : Y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

JC : ‘Gaston IV le Croisé’ a réellement existé. Plus je découvrais d’informations sur lui, plus je le trouvais incroyable, sa vie a été un roman d’aventures, il s’est très vite imposé comme un des personnages clés du livre.

‘Les Radeleurs’, sous Colbert, ont transporté les sapins de la vallée d’Aspe sur les ‘Gaves’ (cours d’eau du Béarn), vers les arsenaux de la Rochelle, de Lorient et de Rochefort. J’ai eu la chance de parcourir de nombreux kilomètres sur une réplique des radeaux de l’époque et pu me rendre compte du travail de Titan que cela représentait.

‘Les Brouches’ : Les sorcières ont toujours existé en Béarn. Elles ont pris places naturellement dans le livre en tant que femmes d’action (elles étaient l’égale des hommes bien avant la Révolution Française), guérisseuses aux pouvoirs magiques et bien sur guerrières. N’oublions pas que nous étions dans une société matriarcale.

JP : Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

JC : Un roman est composé de moments de joies, de craintes, voir de peurs parfois irrationnelles car c’est toujours compliqué d’arriver au bout. Même après 14 livres, je passe par des moments de doutes souvent violents et les deux premiers mois après la parution sont toujours compliqués, on voudrait savoir s’il plait, s’il va se vendre, mais il faut laisser le temps au temps et c’est long,…

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos romans ?

JC : Les gens me remercient pour le dynamisme de l’écriture, surtout de leur faire découvrir des pans de l’histoire locale du Béarn, ou de leur faire partager mon regard sur nos vallées. Les retours sont très souvent agréables. Quand on me dit qu’une fois le livre commencé, il a fallu le finir rapidement, j’ai l’impression d’avoir fait du bon travail.

JP : Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…), avez vous une autre facette cachée ?

JC : J’aime les sports de pleine nature, la mer, la photo, la rénovation de vieux bâtiments… Pour moi un artiste se joue plus dans sa manière de faire les choses (créer du beau) que dans les outils qu’il emploie.

JP : Quels sont vos projets ?

JC : Il y aura certainement une suite au livre et il est sûr que l’océan m’attire beaucoup… Alors nous verrons bien.

JP : Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

JC : Je vais rendre hommage à Jean Failler auteur de polars bretons, et également aux ‘Besançonnais de Coxigrue’ qui m’ont donné envie de suivre le petit chemin qu’ils ont mis en route il y a quelques années… Les écrivains français de talent ne sont pas uniquement parisiens et il est important que les gens s’en rendent compte.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

JC : Vous pouvez essayer Hans Zimmer, de la musique Celtique, ou le silence…

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

JC : Un site : http://www.jeancapdevielle.com/ : il y a pas mal d’informations notamment la présentation des autres livres, le récit des mes aventures, les rendez-vous avec le public, où trouver mes livres,… et bien d’autres choses.
Sur Facebook : mon profil https://fr-fr.facebook.com/jean.capdevielle.7
et la page https://www.facebook.com/editionsosolasba/

JP : Merci Jean Capdevielle d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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