Interview de l’auteure Estelle THARREAU

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A l’occasion de la sortie du nouveau roman de Estelle THARREAU, « De la terre dans la bouche » aux éditions Taurnada en janvier 2018, nous avons pu l’interview.

Estelle Tharreau
Crédit photo : Aurélie Pétri

Jérôme PEUGNEZ : Bonjour Estelle Tharreau, pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Estelle THARREAU : Après des études de Lettres et d’Histoire puis de Transport, j’ai travaillé dans le secteur privé et public jusqu’à la naissance de mes enfants. Depuis 2015, je me consacre exclusivement à ma famille et à l’écriture.

JP : Comment vous est venue l’envie d’écrire ? À quelle période ?

ET : Cette envie a grandi simultanément avec ma passion pour la littérature. Cependant, j’ai mis quelques décennies avant de sauter le pas…

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

ET : J’ai peu de souvenirs de mes lectures d’enfance. En revanche, je me souviens très bien des auteurs qui m’ont passionnée pendant l’adolescence : Zola, Maupassant, Molière, au collège, puis Buzzati et Eco, au lycée.

Je suis venue à la littérature « noire » quelques années plus tard, pendant mes études secondaires, lorsqu’un ami a eu l’idée géniale de me mettre entre les mains Shining de Stephen King. Gros choc pour quelqu’un qui était abreuvé de littérature classique et de littérature « blanche ».

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages ?)

ET : Comme toujours, l’idée vient d’une thématique qui me tient à cœur et d’un décor qui m’inspire. J’imagine la base de l’intrigue et bien souvent, j’ai en tête les scènes de début et de fin. Puis j’ébauche un scénario assez détaillé qui, néanmoins, ne reste pas figé si mes personnages décident de prendre une route un peu différente que celle que j’avais envisagée pour eux initialement.

En principe, j’écris tous les jours.

Estelle THARREAU - De la terre dans la bouche
De la terre dans la bouche

JP : Quelle est la genèse de votre dernier roman « De la terre dans la bouche » ?

ET : En regardant les documentaires relatifs à la Seconde Guerre Mondiale, j’ai été frappée par tous ces visages anonymes, éclipsés par les grandes personnalités et événements de cette période. Ces êtres humains qui finissent par faire partie du décor, mais dont personne ne se soucie vraiment. Des personnes modestes qu’on noie dans des statistiques, des chiffres, des dates et des catégories. J’ai donc imaginé la vie de certains d’entre eux. Des destinées que je fais découvrir à travers les yeux d’une jeune femme en 1986 et que je livre à nos valeurs et à notre vision actuelles.

JP : Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

ET : Non. Aucun de mes personnages n’a réellement existé, mais je pense que bon nombre d’anonymes de cette époque ont dû vivre des destins et des sentiments similaires.

JP : Le parcours a t -il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

ET : En fait non, car sitôt le manuscrit achevé, je l’ai proposé à ma maison d’édition, Taurnada, qui me suit depuis mon premier roman. Ils ont accepté de poursuivre l’aventure avec De la terre dans la bouche.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos romans ?

ET : En effet, j’ai souvent eu des plaintes de mes lecteurs pour s’être couchés trop tard en lisant mes romans. Pourvu que cela dure ! Mais, je suis toujours touchée quand des lecteurs se retrouvent dans mes personnages ou mes récits. Une maman seule avec ses enfants m’avait fait un retour touchant après sa lecture d’Orages et une jeune femme avait retrouvé les décors de son enfance avec ses grands-parents dans les cités minières, à la lecture de L’Impasse. Encore un témoignage touchant.

JP : Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) À part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

ET : Je suis une passionnée de création en général. Alors de l’artisanat à l’art, tout m’intéresse et m’interpelle. Cependant, la littérature est sans aucun doute le seul domaine que je puisse vraiment qualifier de passion.

JP : Quels sont vos projets ?

ET : Je suis actuellement dans le fastidieux travail de correction de mon prochain roman tandis que mûrit tranquillement le scénario du suivant.

JP : Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

ET : Mes coups de cœur anciens : Le nom de la rose d’Umberto Eco, Le parfum de Patrick Suskind, La trilogie marseillaise de Pagnol, Sac d’os de Stephen King, En attendant le vote des bêtes sauvages d’Ahmadou Kourouma, Le dahlia noir de James Elroy.

Mes coups de cœur du moment : Home de Tina Morrison, 1974 d’Arnaud Codeville, Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette.

JP : Une bande-son pour lire en toute sérénité votre roman ? À moins que le silence suffise ?

ET : Malheureusement, s’agissant de ce roman, je pense que le silence s’impose…

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

ET : Facebook et Twitter ainsi que le site de mon éditeur : www.taurnada.fr .

JP : Merci Estelle Tharreau d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

ET : Merci à vous d’accorder une place aux nouveaux auteurs et de faire découvrir notre travail.

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