Interview de l’auteure B. A. PARIS, pour son roman Défaillance

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J’ai eu la chance de lire « Derrière les portes », premier thriller de la romancière anglaise B. A. Paris, en tout début d’année et j’avais beaucoup apprécié l’histoire de Grace qui, peu à peu, se rend compte que son mari n’est pas l’homme charmant et équilibré qu’elle croyait. Aujourd’hui, toujours grâce à Hugo Thriller, j’ai eu le grand privilège de lire « Défaillances », son second roman, en avant-première.

b. a. parisCathie L. : Bonjour Bernadette Paris. Un grand merci à vous d’avoir accepté de répondre à nouveau à mes questions.

B. A. PARIS : Tout le plaisir est pour moi !

CL : Je sais que vous avez écrit ce second roman juste après le premier. Combien de temps y avez-vous consacré ?

BAP : C’est difficile à dire parce que je n’écris pas tous les jours, de façon régulière, et il y a aussi tout le travail d’editing ensuite… Je dirai entre 6 et 9 mois probablement.

CL : Avez-vous conçu « Défaillances » d’emblée comme un thriller psychologique ?

BAP : Oui, contrairement à Derrière les portes ! Je n’avais pas réalisé avoir écrit un thriller psychologique jusqu’à ce que mon éditeur me le dise.

CL : « Défaillances » est un thriller sombre qui aborde le douloureux sujet de la démence précoce, montrant combien la frontière entre équilibre et folie est bien floue, combien tout peut basculer rapidement. Comment avez-vous eu l’idée de cette histoire ?

BAP : J’ai quelques amis dont les parents ont été atteints de démence et avec qui j’en ai beaucoup parlé.
Je pense que mon envie d’aborder ce sujet s’est nourrie de ces conversations et de leur expérience.

CL : A propos de la maladie appelée « démence précoce », avez-vous fait des recherches pour documenter le récit ? Ce sujet, rarement abordé dans les thrillers, vous tient-il à cœur ?

Pour mes recherches sur ce thème précis, internet s’est révélé une grande source d’informations. J’ai aussi rencontré des médecins spécialisés sur le sujet. Cela me tient à cœur car je détesterais perdre la tête, s’en rendre compte dans des moments de lucidité au début, cela doit être terrible.

CL : Le mécanisme qui montre la détérioration assez rapide des facultés mémorielles de Cass est tout simplement confondant de réalisme. Sa détresse est réellement communicative. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez procédé pour mettre en place les différents éléments de la dépression qui s’empare de la jeune femme ?

BAP : Pour être honnête, j’ai juste fait appel à mon imagination. Je me suis mise à la place de Cass et j’ai imaginé comment je ferais face à cette culpabilité qui la ronge jour après jour.

CL : Je me souviens que le postulat de départ de « Derrière les portes » était que les personnes de notre entourage proche, celles que l’on croit connaître parfaitement bien, ont une face cachée, des secrets auxquels nous n’avons pas accès ; on ne connaît jamais vraiment les personnes que l’on aime. « Défaillances » est basé sur le même postulat mais cette fois vous montez d’un cran dans l’exploration des relations humaines. Qu’en pensez-vous ?

BAP : Je crois sincèrement qu’on ne connait jamais bien les gens, même les plus proches de nous et j’adore me servir de cette certitude pour écrire.

CL : Cette fois, vous introduisez une enquête policière avec le meurtre de Jane. Quelle est la raison de ce choix ? Pensez-vous que cela donne une dimension particulière à votre roman ?

BAP : Introduire une enquête policière m’a semblé nécessaire pour donner une tournure plus réaliste. Vous ne pouvez pas avoir un meurtre sans que la police ne s’implique !

CL : Avez-vous déjà envisagé d’écrire un roman policier ?

BAP : Non, ce n’est pas vraiment dans mes projets.

B. A. PARIS - Defaillances
Défaillances

CL : La construction de « défaillances » adopte un caractère « bipolaire » avec une première partie décrivant la dérive de Cass, puis une seconde partie qui commence par un rebondissement que je tairais afin de ne pas spolier l’histoire. Pour quelle raison avez-vous décidé d’opérer ce virage à 180°, donnant au roman un aspect beaucoup moins sombre, permettant à Cass de se sortir de ce guêpier ?

BAP : Parce que j’ai toujours envie que mes victimes féminines s’en sortent et triomphent à la fin !

CL : Dans vos deux thrillers, vous racontez l’histoire d’une femme, Grace dans « Derrière les portes » et Cassandra dans « Défaillances ». Etes-vous plus à l’aise avec les personnages féminins ?

BAP : Pas forcément. Pour mon troisième roman que je viens de terminer, l’histoire est racontée par un homme. J’ai voulu essayer quelque chose de nouveau en tant qu’auteur et j’ai vraiment aimé d’écrire d’un point de vue masculin.

CL : Le personnage de Cass est très abouti ; c’est une femme sensible, courageuse, fragile et forte à la fois : sa fragilité s’exprime par ses doutes alors que sa force s’extériorise par son instinct de survie qui la pousse à se battre malgré sa détresse. Avez-vous construit votre roman autour de ce personnage en particulier ?

BAP : Oui, Cass est au centre de toute l’histoire. Elle en est le personnage principal et celui à qui je m’identifie le plus.

CL : Les deux autres personnages, Matthew le mari de Cass et Rachel sa meilleure amie, sont-ils construits indépendamment du personnage principal ?

BAP : Matthew et Rachel sont des personnages à part entière mais leur rôle ne tient qu’à leur relation à Cass.

CL : L’histoire de Cass m’a fait penser à un roman des auteurs français Boileau et Narcejac intitulé « Celle qui n’était plus » dont Claude Autant-Lara a fait un film très dérangeant « Les diaboliques ». Connaissez-vous ce roman ?

BAP : Alors, je suis désolée car je ne connais pas ce livre mais maintenant j’ai terriblement envie de le lire.

CL : J’en profite pour vous demander quelles sont vos influences littéraires ? Quels sont vos romanciers préférés ?

BAP : Si je dois citer un auteur, je dirais sûrement Agatha Christie. J’ai lu ses livres avec avidité quand j’étais plus jeune et j’apprécie tout particulièrement la façon qu’elle a de faire douter le lecteur des intentions réelles de ces personnages, un par un.

CL : Petite confidence : avez-vous un nouveau roman en chantier ?

BAP : Comme je vous le disais, je viens de terminer l’écriture du troisième qui sort en mars au Royaume-Uni. Et je vais bientôt me mettre au suivant…

CL : Je finirais cet entretien par une dernière question : tête des ventes en Angleterre et aux USA. Comment vivez-vous votre succès ? Qu’a-t-il changé dans votre vie ?

BAP : Le succès est très relatif… Je peux avoir du succès auprès des autres mais à mes yeux, je reste la même. Mais il serait faux de dire que ma vie n’a pas changé depuis la parution de Derrière les portes en 2016. J’ai maintenant le luxe de pouvoir faire ce que j’ai toujours voulu, passer du temps à écrire. Je me sens très chanceuse.

CL : Je vous remercie infiniment pour m’avoir consacré du temps et avoir gentiment répondu à toutes mes questions. Je vous souhaite beaucoup de succès et de bonheur et surtout encore beaucoup de livres pour nous lecteurs…

BAP : Merci, merci à vous de m’avoir permis d’intervenir !

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