Interview de l’auteur David NOGA

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Rencontre avec l’auteur David Noga à l’occasion de la sortie de son roman « Les palmiers sanglants » aux éditions de L’Harmattan en novembre 2017

David NOGAJérôme PEUGNEZ : Bonjour David NOGA, pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

David NOGA : Bonjour, né au Cameroun, je grandis en France, où j’obtiens tour à tour, mon Baccalauréat d’économie, mon D.U.T en techniques de commercialisation, puis mon Master en Management et Gestion des Entreprises avec une spécialisation en Marketing & Commerce. Parallèlement à mes études, je commence à écrire mon premier ouvrage à la suite d’un concert de Manu Dibango en 2004. Depuis lors, l’écriture ne m’ plus lâché.

JP : Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

DN : Vous voulez rire un bon coup ? En deuxième année de D.U.T, mon professeur de droit me demande de lire un livre en rapport avec mon futur métier. Je choisis un livre intitulé Le management. Je résume le livre et obtiens un très honorable 14/20. Ce qu’ignore mon professeur c’est que le livre est tellement technique que je n’y comprends rien ! Alors je me dis qu’il faut écrire un ouvrage qui traite du même sujet avec des personnages pour démocratiser le sujet auprès des étudiants.

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

DN : A vrai dire, adolescent je n’aimais pas lire. Mais alors pas du tout. Jusqu’au jour où ma prof’ de français au collège m’a fait lire Le malade imaginaire de Molière. Génial. La lecture du Horla de Maupassant fut une bonne expérience littéraire. A part ces deux textes j’ai réellement détesté la lecture durant mon adolescence. Avec le recul, quand je repense au plaisir de lire Le malade imaginaire et Le Horla, je me dis que, déjà, j’aimais les textes bien écris qui me faisaient à la fois réfléchir et m’évader.

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages ?)

DN : Lorsque me vient l’idée d’une histoire, soit je rédige immédiatement un plan, soit je laisse macérer. Mais une fois que je décide de faire d’une fulgurance d’esprit une histoire, je rédige un plan qui correspond au trois quart de l’histoire finale. Je ne rédige jamais l’histoire jusqu’à la fin car avoir un plan établis du début à la fin de l’histoire c’est comme écrire avec un patron (le plan) qui vous ordonne de suivre un certain parcours et vous brime dès que vous sortez des clous. En tant qu’écrivain, je suis avant tout un lecteur. Donc lorsque j’écris, je dois me surprendre moi-même. Pendant que je rédige l’histoire, au fur et à mesure, je laisse les personnages choisir leur destinée. Ceci étant, aucun personnage n’a le dernier mot au détriment du message que je souhaite faire passer ou au détriment de ce qui m’a poussé à écrire l’histoire.

JP : Quelle est la genèse de votre dernier roman « Les palmiers sanglants » ?

David NOGA - Les palmiers sanglants
Les palmiers sanglants: Roman

DN : Ce livre a commencé à émerger dans mon esprit en 2006-2007, sur les bancs de l’école de commerce. J’apprenais la géopolitique et notamment l’histoire du Rwanda. Trois ans plus tôt, l’histoire tragique du chanteur Corneille m’avait profondément touché. Alors en 2006-2007 lorsque j’ai compris que près d’1 million de personnes étaient mortes en trois mois en grande partie par ignorance et par méconnaissance d’eux-mêmes, je me suis dit : « agis ! ». Je suis un occidental fier de l’être. L’Afrique c’est ma terre, mes racines, mes ancêtres. C’est moi. Mais dans le même temps l’Afrique doit se prendre en mains. Les musées doivent être créés pour raconter aux générations futures l’histoire de leurs aïeux. Les chanteurs qui ont marqué l’histoire de leurs pays doivent avoir des monuments à leurs effigies, des ronds-points qui portent leurs noms. Les hommes de lettres, les artistes, ne doivent pas être perçus comme des opposants par les gouvernants mais comme des leviers d’éveil des consciences de leurs populations. Les filles doivent aller à l’école au même titre que les garçons, et la condition féminine doit être nettement améliorée. Ce n’est qu’à cette manière que les drames comme celui du Rwanda pourront être évités.

JP : Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

DN : Tous les personnages de mon livre ne sont que l’œuvre de mon inspiration. Si la réalité dépasse la fiction, il faut reconnaître qu’elle ne fait pas rêver. Avec la fiction on s’évade, on rêve, on fantasme… on revit ! Pour atteindre pareille gageure il faut des personnages qui relèvent de la fiction. Donc mes personnages sont toujours fictifs.

JP : Vos origines vous inspirent-elles pour vos romans ?

DN : Indubitablement, oui. Etre né dans l’un des endroits les plus extraordinaires de la planète, au cœur du bassin du Congo est une chance. Plus particulièrement, le Cameroun, microcosme de l’Afrique. Pays de plus de 250 ethnies pour 150 dialectes. Deux langues officielles : le français et l’anglais. Deux langues nationales officieuses : le pidgin et le camfranglais. Une géographie qui est un concentré de ce que l’Afrique a de meilleur. Comment ne pas s’en inspirer ? Il s’agit-là d’une source d’inspiration intarissable. Mais elle n’est pas la seule. Loin de là !

JP : Le parcours a-t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

DN : Oui. Car après avoir travaillé un an sur cet ouvrage, j’ai pris la décision de l’envoyer aux maisons d’édition. Quelle déconvenue ! J’ai essuyé de nombreux refus ! Mais ce fut un mal pour un bien. J’ai donc remis le bleu de chauffe et j’ai réécris mon livre trois fois. Je l’ai relu et corrigé jusqu’à plus soif. Enfin satisfait de la dernière mouture, je l’ai envoyé de nouveaux à plusieurs maisons d’édition. Plusieurs d’entre elles ont donné un avis favorable et j’ai donc choisi la maison L’Harmattan. Quand je vois le résultat final et le travail abattu pour mon ouvrage, je ne peux que tirer mon chapeau aux hommes et aux femmes qui font vibrer cette belle institution. En particulier Denis Pryen.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos romans ?

DN : Pas vraiment. Dans la majeure partie des cas, les personnages paraissent souvent très réels aux lecteurs. Les gens aiment l’humour qui se dégage de mes écris, tout en ayant la sensation d’apprendre quelque chose.

JP : Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

DN : Je suis un dingue de musique, un passionné de cinéma, et la lecture est le meilleur anti-stress que je connaisse ! Quant au sport, j’ai longtemps pratiqué le football en club.

JP : Quels sont vos projets ?

Je suis un homme d’action pas de projets. Le projet c’est l’hypothèse. L’hypothèse est frustrante car comme le dit le dicton : « l’homme propose, dieu rit ». Alors je ne propose rien. J’agis.

JP : Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

DN : Etat d’urgence, de Michael Crichton, L’Associé de John Grisham, Sans laisser d’adresse de Harlan Coben, La saison de l’ombre de Léonora Miano. Tous de grands écrivains. Difficile pour moi de ne pas citer La Troisième Révolution Industrielle du très clairvoyant Jeremy Rifkin.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

DN : La bande son pour lire Les Palmiers Sanglants est la discographie que j’ai retranscris à la fin du livre. Car elle incarne à elle seule toute l’histoire du roman. Les artistes cités sont pour certains des artistes d’hier. De véritables génies qui ont façonné l’histoire moderne de la musique du continent. Nombre de jeunes Africains raffolent de musiques urbaines bourrés de samples d’antan mais ignorent que leurs idoles ne font que copier, en moins bien, leurs aînés. Qui parmi les jeunes voire les adultes en Afrique et dans la diaspora savent que la World Musique, mondialement célébrée, a été inventée par Manu Dibango… celui qui un jour de juillet 2002 me félicita à Paris pour l’obtention de mon baccalauréat et deux ans plus tard, à la suite de son concert le 20 mars 2004 à la Médiathèque de Meaux, me décida à écrire mon premier ouvrage.

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Je suis nouvellement présent sur Twitter et présent sur le site L’Harmattan.

JP : Merci David NOGA d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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