Interview de l’auteur Alain BOUCHON

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Rencontre avec l’auteur Alain BOUCHON autour de son roman « La bête de Poitiers » écrit avec son frère Jean-Paul Bouchon, aux éditions la Geste

Alain BouchonBonjour Alain Bouchon, pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Mon parcours est celui de beaucoup d’entre nous. J’ai fait des études de droit, puis je suis entré dans une grande mutuelle d’assurances où j’ai travaillé durant toute ma carrière dans le secteur international, ce qui m’a permis à la fois d’ouvrir les yeux sur le monde, de côtoyer d’autres formes de pensée, et de mieux comprendre ma propre région. Je suis retraité depuis peu.

Comment vous est venue l’envie d’écrire ? A quelle période ?

L’envie d’écrire remonte à la fin de mon adolescence. Certainement le besoin de combler un manque. Mais je n’ai commencé sérieusement à écrire qu’à la cinquantaine, après un gros pépin de santé qui m’a fait comprendre que c’était maintenant ou jamais…

Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

Bien que fils d’instituteurs, je n’étais pas très porté sur la lecture pendant mon enfance. C’est la poésie qui m’a d’abord attiré, vers seize dix-sept ans. Essentiellement les surréalistes. J’ai dévoré Breton, Aragon, Eluard, Desnos. C’était la première fois que je me sentais partager quelque chose avec des auteurs reconnus. Les polars sont venus bien plus tard.

Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

Je suis un malade de la régularité. J’écris chaque matin, après mon petit-déjeuner. Désormais, mon organisme a besoin de ce moment pour démarrer et justifier sa journée. Concernant la construction des ouvrages, je préfère bâtir l’histoire en écrivant, même si bien sûr j’ai une idée du point que je veux rejoindre. L’expérience m’a montré que la richesse du texte provenait souvent plus de l’imagination du moment que d’un plan de bataille préétabli. Et puis, il est motivant de s’installer devant son ordi avec la perspective de créer librement.

Quelle est la genèse de votre dernier roman « La bête de Poitiers »?

C’est une genèse très particulière, car le roman a été écrit en collaboration avec mon frère Jean-Paul, auteur par ailleurs. C’est lui qui avait d’abord rédigé une soixantaine de pages et qui s’interrogeait sur la direction à donner au livre. Il m’a proposé de prendre connaissance du texte et de lui donner mon avis. C’est ce que j’ai fait. Nous avons découvert que nous avions des visions différentes, mais très complémentaires. Nous avons donc décidé de travailler ensemble. Concernant le sujet même du livre, nous souhaitions traiter des thèmes comme le vol d’identité et l’effacement de l’état civil de certaines personnes, le droit de tuer pour survivre et aussi réutiliser l’histoire de la bête du Gévaudan dont le secret n’a jamais été percé. Le tout dans le contexte de la ville de Poitiers, que nous connaissons bien.

Alain BOUCHON et Jean-Paul BOUCHON - La bete de Poitiers
La bête de Poitiers (Poche)

Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré, vous ou votre frère Jean-Paul BOUCHON ?

Non. Autant nous nous sommes efforcés de restituer scrupuleusement les lieux, les environnements, les atmosphères, autant les personnages et l’intrigue sont des créations de nos seules imaginations.

Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

L’écriture elle-même nous a pris quatre mois. Nous avons proposé le livre à La Geste éditions (éditeur niortais), qui possède une collection spécifique pour les polars et romans noirs régionaux (Le geste noir) et avec lequel nous travaillions déjà. Ensuite, il a suffi de fabriquer le livre.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos romans ?

Oui, comme toujours. Je vous livre l’une d’elle, qui émanait d’une jeune femme qui s’était procuré le livre dès notre première séance de dédicace : «Je me suis retrouvée littéralement plongée dans cette histoire, pour deux raisons sans doute. Je suis moi-même dans le milieu de la justice et fréquente donc beaucoup de magistrats et…habitant Poitiers, j’ai eu cette étrange impression d’être à la place de Rémuset, de le suivre à chacun de ses pas. Mieux encore, je me suis parfois imaginée au Gil, ou dans ces autres lieux si connus des Pictaviens et je me suis surprise à me demander si je ne l’avais pas croisé…Quel étrange sentiment ! Mais c’est bon signe je crois, c’est le signe d’un livre tellement réussi qu’on se prend à mélanger la réalité et le récit ». Tous nos efforts sont récompensés lorsque nous recevons un commentaire comme celui-là !

Alain Bouchon, avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

Je suis un passionné de photographie. Pas de technique ni d’appareil, mais de prise de vue. Lorsque je me déplace, j’ai toujours un compact dans ma poche. Une autre face cachée ? Peut-être, mais je ne l’ai pas encore découverte !

Quels sont vos projets ?

Depuis la Bête de Poitiers, mes projets sont largement partagés avec mon frère. L’écriture à quatre mains nous a ouvert de nouveaux horizons. Nous avons tout de suite enchaîné avec un autre roman noir qui paraîtra (toujours chez La Geste éditions) au printemps 2018. Et plusieurs autres textes sont déjà bien avancés…

Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

Mon dernier : « Grossir le ciel » de Franck Bouysse.

Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

Je lis toujours en silence. Mais si vraiment vous voulez une bande son, alors remplissez la de musique des années soixante.

Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Mon frère et moi avons une page Facebook Alain et Jean-Paul Bouchon, consacrée à notre activité littéraire. On y trouve notamment des fichiers des photos qui nous servent à effectuer nos repérages. Les messages des lecteurs sont les bienvenus et nous répondons à chacun.

Merci Alain Bouchon d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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